Sicard Charles : « Mémoires sur les États Barbaresques Nécessité et Moyens de mettre fin à leurs Pirateries. » – N°Inv.2103 (lu en Séance Académique, le 20 août 1818).

« Piratae communes humani generis hostes sunt, quos idcirco omnibus rationibus persequi incumbit. » (BACON « De Bello Sacro »).

Juste le temps de ressortir Félix Gaffiot pour traduire avec vous le sujet de cette brochure, sujet pleinement contemporain !

« Les « pirates » ordinaires qui suivent et s’appuient sur les meilleures argumentations sont les ennemis du genre humain. » (BACON « De Bello Sacro »).

L’auteur utilise le mot « pirates » pour désigner ceux qui utilisent les lois pour profiter de tous les avantages d’une société organisée et protectrice. Il propose à l’Europe de l’époque un ultime moyen pour anéantir cette suprématie barbaresque qui sévit en particulier sur les routes maritimes. La fonction de consul général d’une puissance étrangère dans un port d’Italie donne à l’auteur de recueillir de nombreux renseignements sur les insultes, les pirateries et les actes de violence des Barbaresques envers les Européens. Nous sommes en 1818, Charles Sicard propose un des ultimes projets pour mettre fin à la puissance de guerre des Régences de Barbarie, nous sommes en 2015 et ce projet mérite d’être médité par tous les hommes d’état et par les amis du genre humain.

Ed : « Chez Antoine Ricard, Imprimeur du Roi, de la Ville et de la Préfecture, à la Cannebière, no 19. »

D. Laurens-Berge.

Azuni Dominique-Albert : « recherches pour servir à l’Histoire de la Piraterie, Avec un Précis des moyens propres à l’extirpation des Pirates Barbaresques. » N°Inv.2102

« Non armis mihi Vulcani, non mille carinis Est opus in Teucros. » Virg.AEneid.lib.IX. v. 146

« Ce ne sont pas les armes de Vulcain, ni un millier de navires. Il y a une nécessité pour les chevaux de Troie. » Virgile.

Né en Sardaigne, associé à plusieurs académies d’Italie, Dominique-Albert Azuni devint sénateur et juge au tribunal de commerce et maritime de Nice. Remarqué par Bonaparte en 1796 pour ses travaux de jurisprudence, il montre qu’il pourrait servir le système judiciaire que Le Premier Consul établissait.

Dans cet ouvrage, écrit en 1816, l’auteur établie fortement la nécessité de faire cesser les attaques de piraterie sur le contour de la Méditerranée et propose quelques solutions pertinentes. Dans une fresque très documentée il nous entraine des origines de la Piraterie qui remonte aux siècles les plus reculés à un voyage avec Sophocle et les Grecs, avec Homère et Ulysse, avec les vénitiens et les romains, jusqu’aux rivages des Barbaresques.

Le lecteur mesurera l’ampleur de la difficulté à éradiquer ce fléau maritime, la Piraterie, et la ténacité des relations diplomatiques de toutes les nations libres qui conjuguaient leurs arguments de paix avec le redoutable adversaire que représentait la Régence d’Alger.

Édition originale Gênes Avril 1816

D.Laurens-Berge.

Quesne Jacques Salbigoton : « Pierre-Joseph Dumont, esclave à la Montagne Félix entre Oran et Alger. » N°Inv.2101

En 1819, les Journaux annoncent qu’un Français, esclave des Barbaresques depuis trente quatre ans, était rentré dans sa patrie dont il avait presque oublié la langue. Intrigué par cette nouvelle l’auteur décide de rencontrer le héros de ce récit; Pierre-Joseph Dumont, accueilli à l’Hospice Royal des Incurables (aujourd’hui Hôpital Laennec).

Sous une forme littéraire plus journalistique que romancée, l’auteur rédige un récit passionnant mais effrayant sur les propres déclarations de Pierre-Joseph Dumont. Edifiant !

Ed. Pillet Ainé à Paris

D.Laurens-Berge.

Devoulx Albert : « Archives du Consulat de France à Alger (1863) Recueil de Documents Inédits concernant soit les relations politiques de la France, soit les rapports commerciaux de Marseille, avec l’ancienne régence d’Alger. » N°Inv.2107

Pour tous les passionnés de géopolitique, empruntez vite ce document et découvrez la richesse et la complexité des relations politiques, diplomatiques, commerciales et humaines de la France avec l’ancienne régence d’Alger.

On notera l’esprit d’initiative et le génie du négoce des Marseillais, servis par une haute sagesse: on découvre les relations commerciales avec les Côtes Barbaresques dès le 13eme siècle et c’est au commencement du 14eme siècle que la commune de Marseille fit un traité de commerce et de navigation avec le roi de Bougie, Khaled Ben Zakkaria et c’est en 1561 que fut créé l’établissement si connu dans l’histoire de l’Algérie sous le nom de Bastion de France, La Calle et aujourd’hui El Kala.

Cette prospérité s’est maintenue au prix d’incessantes humiliations et menaces de guerre, bien que la France soit la nation la mieux considérée et la mieux traitée par l’odjak : Les petites marines européennes avaient à supporter des avanies plus humiliantes encore que celles que nous endurions.

Il est fort intéressant de noter la conclusion de l’auteur : « Ces traditions se perpétuèrent jusqu’aux derniers moments de la Régence, et on ne saurait trop rappeler aux puissances secondaires de l’Europe le service immense que la France leur a rendu en 1830, en détruisant la piraterie algérienne ».

D.Laurens-Berge.

Lasnaveres Jean : « De l’impossibilité de fonder des colonies européennes en Algérie.» N°Inv.2106

Ce Mémoire, rédigé en hommage de son père par Jean Lasnaveres, est un acte de courage et de lucidité sur le sujet délicat de l’intégration.

L’ouvrage est celui d’un honnête homme au service de son pays. Fils d’un chirurgien de la marine et lui-même chirurgien, il nous offre à découvrir la complexité et l’impossibilité de fonder de réelles colonies européennes en Algérie. L’axe religieux est omniprésent dans son analyse et montre combien en 1866 cela pouvait déterminer une impossibilité à unifier. L’étude anthropologique qui argumente le sujet est passionnante.

Le seul but de l’auteur dans ce Mémoire est d’offrir « la vérité toute nue qui serait une mine dans laquelle le gouvernement pourrait puiser d’utiles enseignements touchant l’administration du Nord de l’Afrique. ».

Ed. E. Thunot et C”36, rue Racine Paris 1866

D.Laurens-Berge.

Ces quatre «Mémoire» sont très complémentaires et méritent d’être lus comme un seul ouvrage.

Durrieux Serge « ORAN aux cents visages. » N°Inv.2213

« Oran, c’était d’abord le croisement de l’Islam, Les fleurs de lys et le coq gaulois de la France. Les lions de Castille… ORAN !

Le fier blason de la ville d’Oran ouvre un fantastique album photos présenté par Serge Durrieux qui traduit toutes ses émotions avec force et nostalgie. Chaque photo ou croquis est un symbole de cette ville aux mille visages dans laquelle l’enchevêtrement des cultures transparaît fortement

Ed. Mémoire de notre temps. Montpellier.

D.Laurens-Berge.