Ce film s'appuie sur les témoignages d'anciens Harkis, de leurs femmes et de leurs enfants. Après des années de silence, son but est de leur donner la parole, eux qui ne l'ont jamais eue, par peur après les massacres de plus de 150000 d'entre eux et de leurs familles, par honte d'être considérés comme des traîtres et des collabos par la métropole, par manque de maîtrise de la langue française, par la nécessité de nourrir leurs familles, d'élever leurs enfants et de les protéger.
Le fait de revenir sur les lieux des camps et de pouvoir enfin s'exprimer, a délié les langues, ils ont pu dire :
- Leur fidélité à leurs officiers qui les ont sauvés du massacre,
- Leur rancœur devant l'abandon de la France face au non respect des accords d'Evian par le F.L.N.,
- La population de la métropole n'a pas fait la différence entre les harkis et les immigrés algériens, et cela a été très mal vécu.
- Comme les Pieds-Noirs, ils ont ressenti leur accueil forcé qui n'était ni préparé ni souhaité,
- Comme eux, ils ont été contraints de quitter leur terre natale, mais leur arrivée en France, avec la même carte d'identité et pour les mêmes raisons, s'est faite dans des situations différentes que, ni eux ni leurs enfants, n'ont compris ni admis,
- Ils ont accepté les camps comme période de transit, mais c'est la durée des séjours et les transferts allant jusqu'à dix camps successifs, qui leur ont été intolérables.
Beaucoup de harkis sont morts, certains sont à la retraite, d'autres ont sombré dans le désespoir et l'oubli.
Ceux des enfants qui ont pu faire des études, malgré une scolarité désorganisée et inefficace, ont réussi leur intégration, les autres moins bien traités que les « beurs », et haïs par ces derniers, sont dans des situations d'échec et d'exclusion qui les emmènent la révolte.
C'est tout cela que Claude-Pierre Chavanon a voulu montrer, en leur permettant de parler, en essayant de leur rendre leur dignité et leur fierté et les rétablir dans leur honneur de citoyens à part entière d'une France coloniale qu'ils ont suivie jusqu'au péril de leurs vies.
Boris Kan


Après huit années de guerre, il aurait dû comme tous les français retrouver une vie normale. Au lieu de cela un jour de juillet 1962 dans une Algérie qui fête son indépendance, tout a basculé. Dénoncé, arrêté, exploité trimballé de prisons en camps, loin de sa famille l'homme a été emporté par le tourbillon de l'histoire.
Cet homme c'est Khélifa HAROUD, un harki tombé du mauvais côté.
De ces années charbon, Khélifa Haroud n'a pas conservé grand chose, il lui reste un vieux mouchoir tout mité sur lequel il a brodé du fond de sa cellule des mots qu'il ne voulait pas oublier. 40 ans plus tard c'est grâce à ce mouchoir que son fils qui est également réalisateur du Film a pu reconstituer son cheminement qui est aussi celui de nombreux harkis.
Documentaire Durée : 52'
Support original : bêta numérique
Réalisation : Farid HAROUD
Musique : Magyd CHERFI et Joël SAURIN
(Corida Éditions / Lale Kino)
© ASTER / FRANCE 3
Une coproduction ASTER / France 3 Rhône-Alpes Auvergne Avec la participation :


ASTER
155 Cours Berriat
38028 Grenoble Cedex 1 France
Tel (33) 04 76 70 93 65
Fax (33) 04 76 48 93 38


26 mars 1962, journée tragique, date funeste où l'État Français a fait tirer sur les FRANÇAIS D'ALGÉRIE ! Leur crime ? Vouloir rester Français sur une terre française. C'est pourtant ce que De Gaulle, porté au pouvoir par les Français d'Algérie, avait promis.
Pour y avoir cru, ce 26 mars, une centaine d'Algérois trouveront la mort, plus de 200 blessés. Ces malheureux ne feront que précéder les milliers de disparus, les Oranais massacrés le 5 juillet 1962 et les 150 000 harkis, soldats de la France, livrés à l'ennemi.
Depuis ce jour, le 26 mars, des messes sont dites dans toute la France.
Chaque année à Paris, en l'église Saint-Nicolas du Chardonnet, une messe est célébrée à la Mémoire de nos Martyrs pour laquelle plus de 1400 fidèles sont accueillis par l'Abbé Bouchacourt. En 1999, une plaque commémorative à la Mémoire de nos pauvres morts a été scellée. Placée sous la protection de Notre-Dame d'Afrique, qui a trouvé sa place dans cette Église, elle témoigne ainsi, par-delà la mort, pour ceux qui savent ... et pour ceux à qui on veut tout cacher.
Ce film-document retrace les grands moments de cette cérémonie, la Fusillade de la rue d'isly et les témoignages de quelques-unes des victimes.
Association des Familles des Victimes du 26 mars 1962 et de leurs alliés BP 27 - 95321 Saint-Leu-la-Forêt CEDEX
Site Internet :
http://membres.lycos.fr/isly26mars1962/index.htm
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Film couleur en 35mm de Dieter Reifarth et Bert Schmidt
1991 - Durée : 14 mn
Portrait de l'artiste française Nicole Guiraud qui, au moyen d'objets et d'environnements, tente une reconstitution plastique de ses souvenirs, un "journal de bord" en trois dimensions : l'enfance, la mer, Alger, la guerre d'Algérie, l'attentat, l'exode, l'exil,... le retour.
Nicole Guiraud : Née en 1946 à Alger
1962 Exode d'Algérie en France
1968 Études aux Beaux-Arts de Montpellier
Vit et travaille comme artiste libre à Francfort ( RFA ), et à Montpellier ( depuis 1972 ).
Scénario, régie et montage : Dieter Reifarth et Bert Schmidt
Objets, Installation, textes : Nicole Guiraud
Caméra : Kurt Weber
Assistant de photographie : Alexander Urban
Son et mixage : Michael Busch
Éclairages : Peter Pompe
Banc optique : Norbert Schliewe
Assistant de production : Filipp Goldscheider
Production : Kurt Otterbacher Strandfilm
Un quart d'heure de spectacle. La caméra détaille de très près les bibelots tirés de la valise et posés sur le sable, dans un cercle tracé à la chaux. Les objets-symboles succèdent aux objets-souvenirs et servent de repères, de jalons, le long du temps qui passe, tandis que la voix triste égrène doucement son chapelet de douleurs.
Aussitôt la sympathie se fait attentive, le charme joue, le cercle emblématique devient magique. La voix raconte l'enfance, l'attentat, l'exil, la quête d'autre chose qui toujours se dérobe, jusqu'au jour du regard courageux vers ces temps merveilleux et terribles, en Algérie.
Alors l'auteur-orateur comprend et nous apprend que le retour a commencé. Sur le sable, l'image du cercle rompu, la flèche et la lettre indiquant le Sud, accompagnent les mots tout simples de la réconciliation : « le voyage, le bateau, la mer... »
Il est difficile de traduire l'émotion qui émane de ce film bâti avec des riens et servi par des phrases d'une grande sobriété. Nous avions tous envie de tendre une main fraternelle. Ne pas trahir surtout, par l'emphase ou la banalité, l'esprit de ce petit chef-d'oeuvre. Un grand homme de chez nous,Augustin le Berbère,a dû souffler à son auteur sa prière immuable : « Faites que du malheur jaillisse le meilleur. »
Le malheur, l'innocence mutilée, l'enfance meurtrie et chassée de chez elle, la longue recherche des sources dans un monde égaré. Le meilleur, le courage de dompter sa révolte, et ce film d'une extraordinaire sensibilité.
Merci, Nicole Guiraud.
Jo SOHET
Mention: excellent
Prix d'Allemagne Fédérale 1991
Prix du film de la Hesse 1991
Grand-Prix International du court métrage d'Oberhausen 1992
Prix du Festival du Jeune Cinéma de Turin 1992
Prix du Festival International de San-Francisco 1993
Avis de la Commission d'estimation de Wiesbaden
D'une part, le film illustre la création d'une oeuvre d'art à partir d'une histoire personnelle, de l'autre il la lie à une leçon d'Histoire. Le film exprime clairement la difficulté du travail de mémoire, et en même temps il suggère que le passé peut être surmonté par le biais de l'activité artistique. Il réussit à faire naître une oeuvre d'art conceptuel sous les yeux du spectateur : Rien n'est exprimé avec les mots seuls.
38ème FESTIVAL INTERNATIONAL DU COURT-MÉTRAGE D'OBERHAUSEN
Grand-Prix du Jury International pour 1992
Le prix du Jury International 1992 a été décerné à un film d'une extraordinaire sensibilité : "Der Koffer La valise à la mer". Il a été réalisé par les cinéastes indépendants de Francfort, Bert Schmidt et Dieter Reifarth, et retrace le portrait de l'artiste Pieds-Noirs Nicole Guiraud.
" C'était la valise ou le cercueil ", dit la femme à la voix triste, qui laisse traîner les mots sous le poids des souvenirs. Cette valise, qui l'accompagnait depuis l'Algérie jusqu'à l'exil en France puis en Allemagne, est toujours là : Elle forme aujourd'hui le coeur d'une Installation en trois dimensions, qui permet d'avoir un aperçu de cette histoire douloureuse, d'une manière imparfaite, approximative et pleine de lacunes, comme l'est forcément toute approche d'une douleur étrangère. La narratrice indique elle-même le rythme que suit la caméra, pour faire le tour de cet arrangement d'un monde perdu qui, entre sable et terre, d'une paire de lunettes de soleil à une boule de verre, s'étend symboliquement aux quatre points cardinaux. La caméra ne montre que ce qu'il lui est possible de montrer.
Lors d'un attentat au début de la guerre d'Algérie, Nicole Guiraud a perdu un bras. Le déracinement et l'exil ont marqué sa vie : Une perte visible et sensible, qui s'exprime à travers les oeuvres expérimentales de cette artiste originale. La plasticité de son " journal intime " emplissant tout l'espace permet à la caméra une véritable plongée dans les souvenirs : Au cours d'une séquence de montage qui commence avec des cartes postales, recouvertes progressivement par des photos montrant les victimes de la guerre, la caméra est littéralement baissée au ras des images.
Nicole Guiraud a échappé à la complaisance: Sa voix exprime aussi bien le désespoir que la révolte et, dans les deux cas, le courage de se confronter. Dans toute sa mélancolie, le film est aussi une preuve de tendre respect : Un hommage à une femme qui n'a pas noyé poliment sa douleur sous les paroles. La fin du film reste ouverte, au Sud de ce microcosme poétique qui représente la patrie d'élection de l'artiste. A partir du moment où elle a pu regarder en arrière, le retour a commencé:" Le voyage...,le bateau..., la mer..."
Heike Kühn
(Traduction : Nicole Guiraud)
Voir également
Traces d'exil et archéologie de la mémoire