de Marthe Villalonga
Comme là-bas, sans tricher, sans fard, elle parle de ses origines, du "café de France", tenu par ses parents à Maison Carrée, de la petite maison de ses grands parents à Fort de l'Eau, du village de Jean Bart où elle passait ses vacances, des bals et des baignades avec ses amis. C'est ici, encore, l'évocation d'une vie heureuse, dans un milieu modeste avec un franc parler familier et gouailleur, émaillé de mots de " chez nous ". Une vie où transparaît, à chaque instant, une éducation de jeune fille, "à l'ancienne" avec ses interdits, comme elle se pratiquait dans bon nombre de familles pieds noires. Sa carrière commencée par un travail sérieux au conservatoire d'Alger, va démarrer avec les tournées de "la famille Hernandez" et marquera un grand moment de ses débuts.
La suite de son parcours et sa réussite en France seront endeuillées par le drame du départ pitoyable de ses parents, brisés à jamais comme beaucoup d'autres, et leur fin dans la région parisienne.
Ses tribulations, ses rencontres dans le monde du spectacle où elle est maintenant reconnue ne l'empêcheront pas de garder un perfectionnisme, une sagesse, une bonne santé morale, héritage de cette éducation reçue là-bas, sur l'autre rive.
Courageuse et honnête, telle nous apparaît Marthe Villalonga, figure sympathique de nos écrans qui ne craint pas de dire tout haut qu’elle appartient à la grande famille Pied-Noire, et restée tellement proche de nous par ses conceptions saines, ses élans, son observation objective de la réalité.
Marie-Jeanne Groud
Edition Anne Carrière - 183 pages 17 euros
Marthe Villalonga, la pétulante, l'irrésistible comédienne qui, depuis le triomphe de La Famille Hernandez en 1957, a semé tant d'éclats de rire sur sa route, nous confie en toute simplicité les moments les plus importants de sa longue carrière.
Elle évoque les années lumineuses de sa jeunesse en Algérie, parle sans détour de ce qui fut, pour la communauté des pieds-noirs, la grande déchirure de 1962, et nous fait partager ses plus beaux rendez-vous avec le public. Des premiers pas aux premiers succès, de la télévision au cinéma en passant par le théâtre, de Maguy au fameux Coup de sirocco d'Alexandre Arcady, de Croque-monsieur de Marcel Mithois à Soins intensifs de Françoise Dorin, Marthe Villalonga déroule pour nous son fil d'Ariane, jusqu'à la montée des marches au festival de Cannes, avec Ma saison préférée d'André Téchiné.
Elle se livre avec l'honnêteté et la pudeur de ceux qui savent se raconter sans se répandre. De sa vie, feuilletée page à page comme un album de famille passant du noir et blanc à la photo en couleurs, surgissent les visages connus ou inconnus qui ont jalonné son parcours en y laissant d'affectueuses empreintes.
Etape par étape, de l'anonymat à la popularité, elle nous raconte ses souvenirs professionnels, ses rencontres, ses galères, son amour profond pour le travail bien fait, et pour le public qui le lui rend au centuple, faisant d'elle une des actrices les plus aimées de sa génération.