de Jean Sévillia

L’auteur a lui-même défini ainsi son étude :
« Appliqué à l’histoire, le politiquement correct s’appelle l’historiquement correct. Analysant le monde d’hier d’après les critères de notre époque, l’historiquement correct traque l’obscurantisme, l’impérialisme, le colonialisme, le racisme, le fascisme ou le sexisme à travers les siècles. Que ces mots n’aient pas de sens hors d’un contexte précis, l’historiquement correct s’en moque : son but n’est pas de comprendre le passé, mais d’en fournir une version conforme à la philosophie dominante…proposant une histoire tronquée, falsifiée, manipulée. »
Jean Sévillia se livre à une analyse des grandes tranches de notre histoire et évite le manichéisme qui veut nous enfermer dans une notion subjective et trop souvent transformée pour les besoins de la cause que des historiens orientés veulent défendre.
De la féodalité à la guerre d’Algérie, en passant par l’ancien régime, la révolution, Pie XII, le fascisme, la collaboration, la décolonisation… Il essaye de nous éclairer sur toutes les fausses idées qu’on a voulu nous inculquer.
Pour nous aider à mieux les comprendre il recadre tous ces évènements dans le contexte des idées en cours à leur époque et nous apprend à ne pas les juger avec nos regards et nos concepts d’aujourd’hui. La légende et les mythes truffent l’Histoire et la Mémoire de mensonges et de contre vérités, et dans notre pays qui ne s’aime plus, qui ne croit plus en lui, la destinée commune se perd.
Pour qu’une nation soit unie, il lui faut un passé commun que l’on doit apprendre à connaître et à aimer.
Sinon il ne reste qu’une communauté d’intérêts, matérialiste, individualiste, sans foi ni loi, tel en est le risque.
Tous ces français de souche ou par le sang versé, et non par l’argent gagné, alignés dans nos cimetières militaires, toutes origines et croyances confondues, seraient-ils morts pour rien ? Car si tel est le cas, c’en est fini de notre pays qui aura sombré dans la crise de civilisation qu’il vit aujourd’hui.
« De l’histoire à la mémoire, de la mémoire à l’histoire, c’est la question du lien social qui est posée. Une nation c’est une communauté de rêves. Demain, par delà leurs différences, comment et par qui faire rêver les français ensemble ? ».
C’est l’inquiétante conclusion à laquelle parvient Jean Sévillia. Un livre à lire et à faire lire, qui complète sa précédente étude sur « Le Terrorisme Intellectuel », et qui remet l’histoire à l’endroit en nous faisant aimer notre pays.
Boris KAN