de Angèle Koster

Ce deuxième livre d'Angèle Koster établit le parallèle entre une mémoire d'exil de 1962 à nos jours, associée à l'actualité donnée par les journaux du moment. Son récit romancé est cependant ponctué par quelques témoignages authentiques.
Le désarroi des arrivées en Métropole débute dès le printemps 1962. Une adolescente et ses parents débarquent à Port Vendres où les premiers contacts sont plutôt bons, comparés à Marseille. Puis les allées et venues de la famille désemparée se succèdent entre Dieppe où réside déjà une fille aînée avec les siens et Bayonne où les parents s'installeront finalement dans un climat d'indifférence marqué parfois d'hostilité. La narratrice en profite pour énumérer les clichés retenus sur les Pieds-Noirs par les gens qui fréquentent le bar de ses parents. Mais ce sont aussi les retrouvailles chaleureuses de ceux qui retrouvent leurs compatriotes autour de la kémia.
Pendant ce temps, en Algérie, les évènements se précipitent et l'auteur dénonce avec textes à l'appui, la trahison des accords d'Evian et les massacres qui s'en suivirent; Un témoin raconte l'épisode authentique de son arrestation musclée par l'armée française en juin 1962 à Oran.
Un autre témoin relate le carnage du 5 juillet et les blessures dont il a miraculeusement réchappé. Le massacre des Harkis et l'attitude de la France à l'égard des populations abandonnées ainsi que les multiples enlèvements d'européens restent des épisodes bien connus, de même que les arrestations et exécutions ordonnées par le pouvoir gaulliste.
C'est ensuite l'Algérie de l'indépendance et son gouvernement confisqué par quelques chefs qui se succèderont après de nombreuses purges jusqu'aux nouveaux carnages perpétrés par les islamistes.
En dépit de nombreux obstacles, la jeune narratrice, tant bien que mal, poursuivra ses études et malgré quelques brouilles familiales créera un foyer où elle trouvera le bonheur…
MJG
Éditions Solifra