nov 122011
 

«Je l’ai entendu comme un appel de l’au-delà : « Va, retourne à la rue Darwin. »

J’en ai eu la chair de poule.
Jamais, au grand jamais, je n’avais envisagé une seule seconde de retourner un jour dans cette pauvre venelle où s’était déroulée mon enfance. »

Après la mort de sa mère, Yazid, le narrateur, décide de retourner rue Darwin dans le quartier Belcourt, à Alger.

«Le temps de déterrer les morts et de les regarder en face » est venu.

Une figure domine cette histoire : celle de Lalla Sadia, dite Djéda, toute-puissante grand-mère installée dans son fief villageois, dont la fortune immense s’est bâtie à partir du florissant bordel jouxtant la maison familiale. C’est là que Yazid a été élevé, avant de partir pour Alger. L’histoire de cette famille hors norme traverse la grande histoire tourmentée de l’Algérie, des années cinquante à aujourd’hui.

Encore une fois, Boualem Sansal nous emporte dans un récit truculent et rageur dont les héros sont les Algériens, déchirés entre leur patrie et une France avec qui les comptes n’ont toujours pas été soldés. Il parvient à introduire tendresse et humour jusque dans la description de la corruption, du grouillement de la misère, de la tristesse qui s’étend… Rue Darwin est le récit d’une douleur identitaire, génératrice du chaos politique et social dont l’Algérie peine à sortir.

Né en 1949, Boualem Sansal vit à Boumerdès, près d’Alger. Son dernier roman, Le village de l’Allemand a été récompensé par le Grand Prix RTL-Lire 2008, le Grand
Prix SGDL du roman et le Grand Prix de la francophonie 2008.

Source : Site des Editions Gallimard

 Publié par à 17 h 48 min

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