mai 102012
 
Fontaine Pierre – « Abd-El-Krim, origine de la rébellion nord-africaine » (N° inventaire 2126) :

Pierre Fontaine, essayiste et romancier, auteur de nombreux livres, s’est particulièrement intéressé à l’Afrique du Nord, qu’il connaissait bien et s’est attaché dans plusieurs ouvrages à étudier les enjeux du pétrole tout comme les luttes de la décolonisation. En 1958, le Maroc devenu indépendant et le conflit algérien déjà commencé, il s’attache à la figure devenue légendaire en Afrique du Nord, d’Abd-el-Krim, chef berbère du Riff, issu d’une vieille famille : c’était un homme complexe, intelligent et valeureux, que la France ne sut pas s’attacher alors qu’il n’avait au départ que sympathie ou du moins respect pour elle, à l’opposé de son hostilité constante – que l’auteur justifie – envers les Espagnols. Sans entrer dans le détail des événements, des actions, tentatives et échecs diplomatiques, des luttes armées et des revers et succès dans chaque camp, retenons la clarté du récit alors que l’écheveau est particulièrement embrouillé et que d’autre part,  en dehors de l’Espagne et de la France, parties prenantes, les Anglo-Saxons, l’Allemagne, même l’Union Soviétique jouaient leur jeu, étant donné l’importance stratégique du Maroc et les ressources minières du Riff. L’auteur qui a rencontré des protagonistes des événements et dispose d’une vaste documentation, ne cache pas des jugements sévères sur la politique française, pointant ses fautes, incriminant son manque de sagesse mais espérant encore, en 1958, qu’elle pourrait tirer la leçon de ses erreurs en Afrique du Nord.  (Les Sept couleurs).

Jordi Jean-Jacques – « Un silence d’état, les disparus civils européens de la guerre d’Algérie » (N° inventaire 2120) :

Un ouvrage qui ne peut se lire sans émotion, crainte et pitié, tant la tragédie algérienne se clôt ici dans le sang et les larmes. Pourtant l’auteur, historien, spécialiste des migrations en Méditerranée aux XIXème et XXème siècles, de l’Algérie, de la colonisation et de la décolonisation, reconnu en France et à l’étranger, mène une recherche dépassionnée, étayée de documents nombreux aussi bien que de témoignages ; il a pu consulter, par dérogation avant l’ouverture légale des archives (soixante ans) toutes les sources françaises et affirme dès l’introduction sa volonté de mener un travail « scientifique », seul à même d’établir une réponse historique à la question des disparitions, qui hante la mémoire des Pieds-Noirs et reste absente de la mémoire « officielle ». Son propos est clair, parfaitement mené (voir la table des matières), minutieusement justifié. Il apparaît que loin de se limiter à la fin des hostilités, les enlèvements ont eu lieu dès 1955 et le sort des disparus est le plus souvent ignoré ; évidemment entre les accords d’Evian et l’indépendance on assiste à une « accélération des événements ». Dans cette période comme dans la suivante, après l’indépendance, les restes retrouvés de personnes enlevées attestent du côté des Algériens, une pratique quasi systématique des sévices. A la torture s’ajoute le viol des femmes et même dans certains « hôpitaux » l’utilisation des prisonniers comme donneurs de sang. Le chapitre sur les « événements » d’Oran (26 juin-8 juillet 1962) est particulièrement éprouvant pour le lecteur : la responsabilité dont le général Katz a tenté de s’exonérer dans un livre, est solidement établie, de même que le déchirement de militaires obligés d’obéir à leur hiérarchie (ce qui n’a pas empêché des actions de sauvetage individuelles). Mais après l’indépendance et jusqu’à la fin de 1962 loin de s’arrêter, les enlèvements, pillages, violences se multiplient : ce troisième temps des « disparitions » et « exactions » est selon J-J. Jordi « le plus important en nombre. » Il s’agit de faire partir tous les Européens et les faiblesses, hésitations, dénégations du gouvernement français, son inaction malgré quelques tentatives, sont parfaitement mises en évidence, bien que les informations n’aient cessé de parvenir, y compris par des légations étrangères ; de même que le mur  de silence qui par la suite a entouré cette question, laissant aux associations de rapatriés le soin de la mémoire. L’auteur termine sur l’initiative du Mur des disparus de Perpignan, suscitée par un comité de pilotage dont le Cercle algérianiste est partie prenante : il émet quelques réserves sur les chiffres et la procédure, mais conclut que cette action « pointa du doigt l’absence d’une politique mémorielle nationale de la part des gouvernements depuis 1962 » Politique que les rapatriés d’une part et les historiens d’autre part, ont finalement réussi à fissurer.  (Ed. Foteca 2011).

Voisin André-Roger – « Algérie 1956-1962, la guerre des frontières sur les barrages électrifiés » (N° inventaire 2112) :

L’auteur , témoin et acteur, évoque l’édification et  la surveillance de 1956 à 1962 de deux barrages électrifiés  sur les frontières de l‘ Algérie avec le Maroc et la Tunisie destinés à empêcher la pénétration massive  en Algérie des  troupes du F.L.N. en instruction dans ces pays voisins et à interdir les livraisons d’armes au profit du F.L.N. Sur la frontière Marocaine 1150 km de haies électrifiées, 2600 km de réseau barbelé, 19 postes radar ; sur la frontière tunisienne le barrage, bénéficiant de l’expérience marocaine  est perfectionné en 1959 ( nouvelle ligne Challe). L’étude des régions frontalières, l’organisation du F.L.N. en Algérie au Maroc et en Tunisie, les combats livrés, le quotidien des troupes françaises sur ces barrages prouvent leur totale efficacité.   (Ed. Presses de Valmy).

Coutelier A. – « E.G.A., les réalisations françaises en Algérie  1948-1962 : Le barrage d’Erraguène sur le Djendjen supérieur » (N° inventaire 2124) :

Ce  recueil  rappelle les problèmes énergétiques en Algérie ; il expose  la géographie, les études préliminaires aux travaux  et le grand chantier. Illustré de 10 photos , de 11 dessins et schémas en couleur c‘est un document remarquable sur nos réalisations oubliées. Si vous ne l’ empruntez pas il faut le voir sur place en mémoire de tous ceux qui se sont consacrés à cette oeuvre (ed. AAA/E.G.A.).

Tamzali Wassyla – « Une éducation algérienne » (N° inventaire 2114) :

L’ auteur brosse l’histoire de l’Algérie dans la seconde moitié du XXe siècle. Le rappel de son enfance dans son opulente famille de notables, permet une bonne étude de l’emprise des traditions même dans les familles bourgeoises occidentalisées. Le français était leur langue courante qu’ils parlaient mieux que l’arabe .   En 1957 l’assassinat de son père par le F.L.N. rompt brutalement ce bonheur. Son jeune âge (14 ans) et une vie bourgeoise l’ont mis à l’abri de la guerre et elle admire les acteurs de  la rébellion malgré cet  assassinat.    Elle a 20 ans en 1962 et s’ enflamme pour une Algérie libre et socialiste ; son enthousiasme perdure malgré la nationalisation des propriétés de sa famille lors de la révolution agraire de 1972.    Désemparée par l’égoïsme cupide de la classe dirigeante et la guerre civile de 1990 elle se retire à Paris pendant la «décennie noire». Malgré les drames et l’effacement de sa passion politique c’est à Alger qu’elle revient  (1ere ed. Gallimard 2007.   Ed. Folio  Histoire 2012).

Lobel Henry – « L’honneur d’un régiment, 1er R.E.P. » (N° inventaire 2115) :

Sous la direction de Jean-Pierre TUBERGUE avant-propos de J.P. Tubergue, éditeur. 2 D.V.D. sont contenus dans la même boite que «L’album Souvenir» du Ier R.E.P.  rédigé dès 1961 par le lieutenant Lobel et réalisé enfin 50 ans plus tard. (photos, batailles (Indochine, Algérie, route du pétrole … ) Dans la nuit du 22 avril 1961 quatre généraux  prennent le comandement militaire de la ville d’ Alger. Trois jours plus tard de Gaule réussi à imposer sa politique d’ abandon. Le général Challe se rend, les troupes qui l’ont suivi font de même. Les officiers sont tous arrètés le soir du 27 avril. Emprisonnés au fort Nogent, pour prouver que le régiment n’est pas mort, ils chantent. Et ils chantent magnifiquement.   (« Le Boudin», »Contre les Viets », »la Légion marche », « Je ne regrette rien » etc…) Trois cent exemplaires en 33 tours «Souvenirs du fort Nogent» sont édités en 1961. H. Lobel les réédite aujourd’ui dans ces  2 D.V.D. sous le titre «L’honneur d’un régiment» avec de plus les paroles des chants. Dédiés au Commandant Hélie de Saint Marc. (Ed. Italique).

 Publié par à 16 h 27 min

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