fév 032012
 

Écrire scientifiquement sur les disparus civils européens pendant la guerre d’Algérie, c’est lever le dernier tabou de ce conflit. C’est dire surtout ce que nous ne voulons pas entendre depuis près d’un demi-siècle : il y a eu beaucoup plus d’Européens enlevés et dont nous n’avons aujourd’hui aucune « trace » après les Accords d’Évian et après l’indépendance de l’Algérie, qu’en « pleine guerre » !

C’est dire aussi que le FLN (Front de Libération Nationale) et l’ALN (Armée de Libération Nationale) ont été les principaux acteurs de ces « disparitions » et qu’à aucun moment, leurs dirigeants n’ont désavoué ces pratiques. Le but de faire partir les Français d’Algérie fut finalement atteint par la terreur instituée par le FLN.

C’est dire enfin que le gouvernement français était parfaitement au courant des exactions perpétrées contre ses ressortissants sans intervenir autrement que par de vaines protestations.

Par cette étude, le manichéisme issu de la guerre d’Algérie, entre les  » bons  » d’un côté et les « mauvais » de l’autre, n’a plus cours.

L’analyse de cet ouvrage permet de redonner une histoire à des personnes, à des familles qui en étaient privées. Approcher cette histoire était toute l’ambition de cette recherche novatrice.

Jean-Jacques Jordi est docteur en histoire et spécialiste de l’histoire des migrations en Méditerranée aux XIXème et Xème siècles, de l’Algérie, des colonisations et des décolonisations, et de Marseille.

Il a publié et dirigé plusieurs ouvrages et articles de référence sur les migrations méditerranéennes passant des migrations espagnoles aux migrations venant d’Algérie, publiant aussi sur les Harkis et les Pieds-Noirs. Il a écrit de nombreux articles et a participé à de nombreux colloques et conférences tant en France qu’à l’étranger. Il a été conseiller historique de plusieurs documentaires (France2, France 3, Arte, M6).

Diffusion Belin.
ISBN : 978-2-9163-8556-3
Prix : 25 € TTC

 Publié par à 14 h 09 min

  2 commentaires à “Un silence d’état (Jean-Jacques Jordi)”

  1. Dans le temps, j’avais entendu l’histoire suivante : Aprés l’indépendance, une famille Algérienne avait acheté à Alger une villa avec un grand terrain. Sur ce terrain il y avait un puits dont l’ouverture était maconné avec du béton. Cette famille, curieuse, se demandait pourquoi ce puits était fermé. Elle a décidé d’enlever le béton et à sa stupéfaction, a découvert que le puits renfermait un certain nombre de squelettes. L’ouverture a été aussitot refermée et la découverte n’a pas été rapportée aux autorités (peur de représailles…). Qui sait combien de disparus sont encore à Alger. De toute facon, les autorités ne font rien pour éclaircir ces énigmes! Triste!

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